Quand le sacré fout le camp

L’antipathie avérée des malagasy envers les gens du « grand continent » est un fait qui n’est pas nouveau. Encore que ces derniers temps, cela s’est accrue avec les « incursions » des négociateurs venu « d’Afrique » dans la vie politique de la Grande Ile. Apparemment, les malagasy n’ont plus rien à apprendre de ces hurluberlus qui n’arrivent même pas à bien balayer devant chez eux et qui veulent le faire chez les autres.

Et pourtant, les événements qui se passent sur le continent prêtent à réfléchir sur la réalité de ces allégations. Dernièrement, en Ouganda, deux attentats à la bombe, sans doute perpétrés par des islamistes somaliens, ont fait au moins 64 morts dimanche soir à Kampala, la capitale ougandaise, dans un restaurant et un club de sport qui retransmettaient la finale de la Coupe du monde de football. Décidément, rien n’est sacré pour les terroristes ! Dans l’Ile rouge, toutes mouvances confondues, la période du mondial fut une période off, un peu comme une trêve en quelque sorte.

Les malagasy sont par essence des gens sage, à l’inverse de ceux du continent où les attentats à la bombe font réellement des morts et des dégâts importants. Il faut se féliciter d’avoir des gens raisonnables qui ne jouent qu’avec des pétards mouillés éloignant le risque de faire des victimes. Il reste quand même des choses sacrées à Madagascar, la vie est l’une des plus importantes. Quoique le sacré soit en perte de vitesse ces derniers temps. Avec les sacrilèges perpétrés sur les tombeaux pour voler les ossements humains dont la raison n’est pas encore évidente jusqu’à maintenant, c’est l’un des grands tabous malagasy qui tombe en désuétude, initié pourtant par le Général Gallieni au début de la colonisation lors des « transhumances » des ossements royaux de L’Imerina.

Mais des sacrilèges se font jours dans tous les coins de l’ile, des sites et des forets connus comme tels ne le sont plus au nom de la désormais sacro-sainte prospection de minerais, coupe de bois, chasse sauvage. Car la fièvre de l’or jaune fait des ravages ; l’or noir est à ses débuts, dépassés par celles des pierres précieuses et autres métaux. La nature autrefois exubérante se fait violer et meurtrir à jamais avec les coupes sauvages des bois précieux, les chasses, pas ou non réglementées, en l’absence de tout souci rationnel de préservation d’espèces endémiques.

Publicités