Independence Day

26 juin 2010, un début de week-end à graver dans l’Histoire de Madagascar, malgré le ton morose des débuts des festivités pour ce 50ème anniversaire et les couacs à répétition lors des premiers évènements d’animation, la population d’Antananarivo n’ont pas coupé à la traditionnelle veillée des « arendrina ». Bien que l’organisation ait été quelque peu spontanée dans certains quartiers de la ville, la grande tendance était la convergence vers Anosy ainsi que les hauteurs de la ville des milles afin d’apprécier les feux d’artifices offerts par le pouvoir en place. Une nouveauté, et pas des moindres, le spectacle de son et lumières projetées sur des jets d’eau, une grande première pour les malagasy qui ont savourés les prémices de l’excellence en matière de spectacle.
Il faut rendre à César ce qui est à César, force est de reconnaitre qu’en regroupant sous son giron des professionnels du spectacle, le président de la HAT, qui n’en est pas moins un pro lui aussi, a réussit un coup de poker digne de grand loueur : il a su bluffer toute la population et les fédérer autour d’une nuée de festivités, gratuites de surcroit, faisant oublier pour quelques jours les différents et les bisbilles qui divisaient encore auparavant, et qui reprendront surement une fois les fêtes passées.
Un coup de maître en somme pour un bref instant malheureusement, car on n’est pas près de sortir de l’auberge avec les tergiversations concernant le respect probable du calendrier électoral proposé, ni de la nature même des futures élections à venir tant la confusion plane tant dans le camp de la HAT que des ses sympathisants, autant ne pas parler de leurs opposants qui auront des avis diamétralement opposés à tout ce qui pourraient être avancées.
En tout cas, cette commémoration du 26 juin, pour l’année 2010, verra pas mal de pratiques bousculées, ne serait-ce que dans l’utilisation des traditionnels lampions « arendrina » qui ont été supplantées par ceux d’origine chinoise. Un choix des ménages qui veulent jouer dans la durée ? Ou carrément un revirement à 180° pour se tourner l’est, l’Asie et ses décorations festives autrement plus colorées et nettement économiques.
Un revirement à 180° avec le costume du numéro 1 de la HAT, lors du discours de présentation de vœux télévisée, abandonnant le costume-cravate occidental pour endosser une « tunique » quasi-militaire avec des galons aux manches, un bref clin d’œil à un costume de scène d’un artiste malagasy, Njakatiana, dans le temps.
Innovation dans la manière de faire la revue des troupes, par le président de la HAT, tout le long du lac Anosy, précédant l’inauguration d’une stèle pour ce cinquantenaire qui fut littéralement accaparée par les forces armées.
Une année charnière, à coup sur, avec l’unanimité ou non des nationaux et de la communauté internationale, ailleurs une transition de plus d’une dizaine d’années s’est déjà vu, alors, résignation ou indignation ? Quid de la bonne attitude à adopter, avec la réactivité mollassonne propre à la population malagasy ?

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