Blocus …hocus-pocus…ouvre toi

Aux yeux du monde, le blocus de Gaza dure depuis plus de quatre ans, et il est imposé à plus d’un million et demi d’individus. Mais actuellement, pour la plupart des Israéliens, et bon nombre de juifs à travers le monde, il n’y a pas de blocus de Gaza, cela relèverait plutôt de propagande de désinformation d’en parler. Et pourtant, la bande de Gaza, ce petit enclave pauvre et surpeuplée, abrite une population dont plus de 80% dépend de l’aide étrangère.

Les israéliens n’ont pas fait dans la dentelle avec le blocus : Israël n’autorise que l’importation de 97 produits à Gaza, contre 4 000 avant 2007. Pour les mordu de la comparaison, un supermarché arrive à proposer 10 000 à 15 000 articles sinon plus. Il est des plus étonnants aussi de constater la participation de l’Égypte dans ce blocus. Le contrôle de Gaza par les israéliens remonte à une quarantaine d’années, des millions d’individus ont subi ainsi une situation d’occupation et de désespoir.

Pourtant là, Israël, sous la pression internationale, s’est engagé jeudi à faciliter l’entrée des biens à usage civil dans la bande de Gaza. Le comble, comme dans un conte des milles et une nuit, par enchantement avec le fameux « hocus pocus… », un subterfuge est trouvé par les israéliens pour lâcher le moins de lest possible : au lieu d’avoir une liste des biens autorisés, il y aura à l’inverse une liste des produits interdits. Aussi simple que ça ! Israël est une puissance occupante, et des décennies d’occupation ont rendu Gaza dépendante de l’état hébreux.

Mais tout compte fait, le reste du monde est bien gêné de faire des remontrances à l’état hébreu. Sans pousser jusqu’à leur pardonner, ni d’expier leurs fautes, l’Union européenne et l’ONU dans la dénonciation de ce blocus n’ont pu réellement infléchir la volonté des israéliens de le maintenir. Seul l’adhésion, au début du mois, des États-Unis dans la pression diplomatique entamée par l’Union européenne et l’ONU a permis de peser sur la balance et assouplir ce blocus «intenable».

Il ne faut pas se leurrer pourtant, la levée partielle du blocus est le résultat d’un «accord donnant-donnant.» Israël s’y serait résolu en échange de la constitution d’une commission d’enquête non plus internationale, mais israélienne, pour faire la lumière sur l’assaut du 31 mai. Décidément, les juifs ne failliront jamais à leur réputation : pharisaïsme jusqu’au bout des ongles.

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