« Les œuvres religieuses »: une manne pas très catholique 14 JUIN 2010

En Italie, le quotidien italien La Repubblica avait révélé le 1er juin que la justice soupçonne l’Institut des Œuvres Religieuses (IOR), la banque du Vatican, d’être impliquée dans une affaire de blanchiment d’argent. En conséquence, le parquet de Rome a ouvert une enquête.

A Madagascar, les travaux de construction chez les catholiques sentent le souffre. Avec l’affaire LOC qui aurait également un parfum de blanchiment d’argent. Ici au moins ça n’a pas trainé avec trois employés de Liaison office consulting (LOC) qui sont actuellement sous les verrous, à la prison d’Antanimora.

Sur la conduite de ses affaires, notamment les questions d’argent, l’Eglise catholique romaine (ECAR) est des plus opaques, et ce à travers le monde, ou du moins jusqu’à ces derniers temps, car personne n’a pu y jeter un œil. Ainsi, l’Institut, qui gère les comptes des ordres religieux et des associations catholiques, bénéficie de l’extraterritorialité accordée au Vatican. Elle n’a jamais eu d’obligation de respecter les normes financières auxquelles sont soumises les banques, italiennes ou autres.

Chose impensable pour le commun des mortels, la banque vaticane gèrerait des comptes auprès d’une dizaine de banques sans nom de titulaire, identifiés uniquement avec le signe IOR. Sur l’un de ces comptes par exemple, découverts en 2004, « environ 180 millions d’euros ont transité en deux ans », selon le quotidien italien La Repubblica. A noter qu’en 1981, l’IOR avait fait la une de la presse après la faillite de la banque privée Banco Ambrosiano, dont la banque vaticane était le principal actionnaire. La banque avait laissé un trou de 250 millions de dollars dans les caisses de l’IOR. A Madagascar, l’affaire LOC porte sur des centaines de milliards d’ariary d’après les estimations. Reste à savoir si l’ECAR ne serait pas pour quelque chose dans cette triste affaire.

En Italie, les enquêteurs avancent l’hypothèse selon laquelle « des sujets ayant leur résidence fiscale en Italie utiliseraient l’IOR comme paravent pour cacher différents délits, tels que la fraude ou l’évasion fiscale. Dans la grande ile, le LOC reconnaît des fraudes et manipulations de ses dossiers et de ses contrats. Sombre manipulation des affaires de l’ECAR ? La justice est là pour éclairer.

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