Liberté et indépendance : une rime discordante21avril2010

Bientôt les malgaches commémoreront le cinquantième anniversaire d’indépendance de Madagascar. Un double anniversaire avec celui de l’armée malgache qui a maintenant le même âge. Chacun, à sa manière, aura une pensée à ses parents et grands-parents ayant vécu la journée de la déclaration de cette indépendance retrouvée. Bien que ce soit un jubilé à ne pas rater, le doute est permis quant à la joie que cela aurait pu engendrer, le commun des malgaches ayant d’autres soucis en tête plutôt que de s’offrir des journées festives. Le tumulte de la vie au quotidien ne prête pas trop à des effusions de joie, loin de là. Déjà, que le budget familial du malgache moyen s’effiloche de jour en jour, de mois en mois.

Le 26 juin, dans le contexte socio-politique pesant que l’on vit actuellement risque de passer à la trappe. Hormis les petits « tsikonona », lampions et fanaux, pétards et feux d’artifices de toutes sortes, cette journée risque de tourner au vinaigre pour tout le monde, loin des attentions et admirations que vouait la population aux parades militaires et autres feux d’artifices. Les discordes entre différentes têtes dirigeantes de l’armée risquent de mouiller les pétards et les festivités seront des plus hypothétiques cette année.

Tomber dans la banalité risque fort d’être le lot de cette commémoration, un jubilé qui somme toute, n’aura rien de jubilatoire. En tout en Afrique francophone subsaharienne, 17 pays ont été lâchés pour recouvrer leurs indépendances par son colonisateur. Ces cinquante ans accouchent d’un triste bilan, Tranparency International d’après l’Indice de développement humain (IDH) tirent la conclusion que l’Afrique est le continent le plus pauvre de la planète et se parent des pires fléaux tels l’insécurité, le marasme économique, la corruption, le déficit démocratique, les crises alimentaires, les pandémies, et biens d’autres encore. Un lot d’entraves que trainent les africains tels des boulets aux chevilles, comme pour rappeler que la vraie liberté tant désirée par les ainés reste encore à acquérir. Reconquérir une Afrique qui doit s’arracher de son passé encore douloureux pour se tourner vers un avenir prometteur. Une reconquête qui se fera non sans douleur, loin des liesses escomptées d’un jubilé.

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