Johannesburg, la ville de la dernière chance15 avril 2010

Madagascar et la France sont très liées pour de multiples raisons, notamment historiques, géographiques, culturelles et humaines. Sur le fond, la France est le premier bailleur bilatéral de Madagascar. On ne peut ignorer également que Madagascar accueille la plus importante communauté étrangère française de l’hémisphère sud, et inversement, la France accueille la plus importante diaspora malgache. Géographiquement et stratégiquement, la proximité de l’ile avec Mayotte et la Réunion est des plus marquantes.

Peut-être que cette proximité déteint-elle sur la grande Ile, en tout cas, suite à la déclaration des militaires donnant un ultimatum au pouvoir semble avoir fait de l’effet dans la recherche d’une sortie de crise. Cette déclaration a effectivement agit comme un détonateur, ouvrant une brèche pour débloquer l’imbroglio qui a persisté depuis plus d’un an.

Finalement, l’arrivée d’Alain Joyandet pourrait bien avoir refermée la boite de Pandore. Sa venue a remis les pendules à l’heure, quelques parts, pour enjoindre d’épouser une nouvelle feuille de route, faisant fi de Maputo ou d’Addis Abeba, avec à la clé l’invitation de Nicolas Sarkozy et de Jacob Zuma pour venir à Johannesburg. Comme adoubement il n’y a pas meilleur malgré les relations tumultueuses entre la France et Madagascar depuis l’indépendance jusqu’à maintenant. Les relations franco-malgaches ont été relativement inconstantes, avec des périodes très marquées.

Durant le mandat du Président Tsiranana Philibert de 1959 à 1972, une très forte présence française a été ressentie, un peu tempéré par la sortie de la zone franc en 1972. Une présence qui s’est réellement amoindrie durant la période « progressiste » du président Ratsiraka Didier. Ce militaire de carrière a permis la fermeture des bases militaires françaises de l’ile Rouge. Rajouté à cela la « malgachisation » ainsi que les nationalisations à tout va dans les années 75.

Une embellie enfin après le recadrage de la politique extérieure malgache à la fin des années 80. Finalement, le malaise, voire le différend à propos des nationalisations fut soldé entre 1998 et 2001. Une embellie de courte durée, soufflée par l’avènement du Président Ravalomanana Marc.

Avec le Président de la HAT Rajoelina Andry, la France revient en grâce et s’arroge le privilège d’être aux premières loges des conseillers et d’ourdir à satiété.

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