Assainissement une notion abstraite12 avril 2010

Les chassées croisées de la municipalité et des marchands ambulants à Antananarivo semblent s’essouffler, pour pencher en faveur des marchands ambulants, tant sur la grande avenue qu’à la Petite Vitesse ou à Behoririka. Exit les confrontations violentes. Par peur d’émeutes à un moment inopportun, les tergiversations quant aux sorts réservés à ces marchands reprennent de plus belles. A Analakely et de ses environs, les échauffourées de ces derniers jours tendent pourtant à sz délocaliser un peu plus loin, du côté d’Ambohijatovo. La violence entre personnel de la commune et marchands à la sauvette n’ayant pratiquement rien résolu, l’impasse de la démarche musclée laisse sur le carreau les protagonistes, chacun sur leurs soifs. L’empressement de déloger et recaser ces marchands de l’informel s’est finalement tempéré, renonçant aux mesures extrêmes, quand bien même, ce soit une démarche vide de résultat. Une trêve flotterait dans l’air, évitant de justesse les situations de disette qui menaceraient les familles à charges de ces malheureux marchands.

La rhétorique de l’assainissement, leitmotive des agents communaux buttera toujours sur la réelle pertinence de la délocalisation de ces vendeurs. Car au fond, c’est de commerce dont il s’agit, qu’on le veille ou non, le commerce qui, depuis des lustres s’est toujours rattaché aux besoins du consommateur. Bon nombre d’expert en marketing se sont évertué à rationaliser, à ranger telle une science le comportement des consommateurs, sans qu’ils arrivent à répertorier le genre qu’il y a dans ces parties de quartiers devenus sensibles. La fidélité des clients acheteurs est des plus surprenant malgré la difficulté qui astreignent les vendeurs à la sauvette. Il est des cas dans la capitale ou le politique perdra toujours pieds dans la gestion de la cité, à l’image des marchés des localités périphériques de la capitale, construites à coups de millions et de millions d’Ariary, sans vraiment arriver à intéresser vendeurs et acheteurs. Des plaies pour ses riverains: des places où sont construit, généralement en dur, tout beau tout propre des étals et des petits pavillons auxquelles les gens rechignent à s’accaparer. Une loi de « l’offre et de la demande » difficilement apprivoisable, étonnamment abstraite.

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