Plus jamais ça !08AVRIL2010

Depuis le temps qu’on a agité l’épouvantail d’une scission de l’armée, la population s’en est sortie blasée. Mais avec les agitations dans les casernes de ces dernières semaines, la hantise des bruits de bottes a ressurgit tel un diable à ressort sortant de sa boite. D’ailleurs, la population tananarivienne a déjà eu un avant gout de ce que pourrait être la vie si elle était menée de main de…militaire. Effectivement, les échauffourées, les intimidations, les provocations survenant dans les rues de la capitales ces jours derniers n’est pas sans rappeler de quel bois se chauffent les militaires.

Loin des perceptions des citoyens, confinées dans les casernes, chacun dans leurs cantonnements, des alliances et des fronts se font et se défont au sein de la grande muette, ou du moins de la « petite murmure » pour ironiser un peu, car depuis un certain temps, les militaires n’ont plus leurs langues dans leurs poches, et tirent à boulets rouges presque sans complaisance dès que l’occasion se présente. Dans ce tourment dont est victime l’armée, l’un des responsables, si ce n’est le premier responsable de l’armée, en la personne du Général Noël Rakotonandrasana vient d’être demis de ses fonctions à l’issue du Conseil des Ministres d’hier, vite remplacé par le PM Camille Vital jusqu’à nouvel ordre.

La tranquillité de la population tananarivienne est mise à mal avec les va-et-vient des véhicules transportant des troupes le long des avenues et des rues de la ville. La phase d’alerte à Ambohitsorohitra a même augmenté d’un cran l’anxiété quant à un éventuel affrontement armée, d’autant plus qu’on ne sait pas réellement qui est contre qui, le comble ! Actuellement, si dissension il y avait, on est incapable de mettre des visages dans chaque camps présumés.

On dirait qu’on a oublié qu’en 72, il y avait bel et bien confrontation armée dans la capitale, confrontation qui a vu la disparition d’un corps armé entier qu’était le FRS (Force Républicaine de Sécurité). Les membres de ce corps qui a ouvert le feu sur des émeutiers faisant des dizaines de morts et de blessés. En ce temps l’interposition de l’armée pour rétablir l’ordre avec une position neutre a été vivement saluée par tous. Bien qu’on soit loin de ces temps là, l’histoire est là pour servir de leçon, afin de dire « plus jamais ça ! ».

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