Le savon qui fait peur 20 MARS 2010

Liberté d’’entreprendre ne rime pas toujours avec libre commerce. A Madagascar, le savon « Citron Plus », provenant de l’île Maurice pèserait, telle une menace, sur les produits d’une savonnerie locale. Aussi, le PDG de cette société vient-t-il d’adressée une lettre au ministre des Finances demandant l’interdiction des entrées de tous les produits en provenance de l’île voisine. Au moins un qui avance ce qu’il pense alors que d’autres marmonnent sans piper mot. Pas plus tard que la semaine dernière, la destruction de produits alimentaires périmés, reconditionnés, ont été relayée par l’ensemble de la presse. Mais jusqu’ici, les produits entrent toujours sur le territoire sans que quelqu’un ait demandé l’interdiction pure et simple d’importer de tels produits.

Autant penser que si le ministère des finances venait à accéder à pareil requête émanant d’une personne physique, les éventuelles plaintes des consommateurs, victimes de la consommation de denrées périmés, obtiendraient surement raison. Il y aura à coup sur une nuée de plaignants. Comme en prémices à ces vœux, voilà qu’une structure commerciale a été décidée d’être mise en place lors de la réunion d’informations des membres du Conseil des Grossistes Professionnels de Madagascar (CGPM), des représentants de Commerce et de l’industrie d’Antananarivo (CCIA) et du ministère du Commerce en vue de départager les grossistes formels des informels. L’existence de grossistes informels est tout de même édifiante quant à la maitrise des circuits de distribution à Madagascar. Pas étonnant que des produits importés arrivent à étouffer les produits locaux sur tous les réseaux de distribution. Pareil pour les produits périmés retrouvés dans les circuits de vente traditionnels, qui s’approvisionnent chez les grossistes véreux et sans scrupules qui, à coup sur, ne sont rien d’autres que des commerçants hors du formels. Au-delà de toute interdiction, tant qu’il y aura des importateurs et des grossistes dans les rangs des informels, il y aura toujours péril en la demeure pour les industriels et consommateurs malgaches. C’est loin de se résoudre, vu que le marasme où est plongé les opérateurs du formel accablés en sus par les contraintes et obligations multiples dont peuvent bien se passer les informels.

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