La voix de son maître 09AVRIL2010

Et vlan ! Voilà que dans le cadre de la réforme de l’enseignement primaire et secondaire, le ministère de l’Education nationale projette d’ouvrir une école de formation d’inspecteurs pédagogiques. Un projet, qui selon la presse, avait été concocté à l’ile de La Réunion dans des travaux préparatoires pour « déterminer les besoins en termes d’inspecteurs à Madagascar » (sic). Cela pourrait être anodin, mais sur le fond il est des plus surprenants que ce qui se doit se faire dans la grande ile se déterminer encore ailleurs, et en territoire français de surcroit. Pareil incongruité s’est d’ailleurs fait suivre par un atelier sur l’inspectorat à l’hôtel Colbert depuis mercredi en vue de la mise en place du centre de formation d’inspecteurs pédagogiques envisagé.

Madagascar est bel et bien retombé dans le giron de son ancien colonisateur. L’encadrement de cet atelier au Colbert a été assuré en partenariat avec le ministère français de l’éducation nationale ainsi que l’académie de La réunion, comprenant quatre « experts » français sous la direction de François Le Goff, inspecteur général auprès du ministère français de l’éducation nationale. Il n’est pas sorcier de conclure que tout ce ramdam se fera selon le modèle français, bien entendu. Cela aurait pu passer en catimini mais la volonté de médiatiser à fond ce projet est des plus étonnants. A moins que l’on veuille faire passer un message, mais quoi ? Mystère et boule de gomme.

En tout cas, pour l’instant le plus urgent pour la majorité des malgaches c’est trouver un palliatif afin de faire face à la fermeture de tous les centres de santé de base (CSB) gérés par les paramédicaux à travers le pays, fermeture qui serait l’une des nouvelles formes de manifestation décidées par les paramédicaux en assemblée générale avec des représentants des autres régions hier à l’HJRA. De guerre lasse, les nécessiteux vont devoir composer avec ce qu’il y a vu le sempiternel entêtement de part et d’autre. Il ne faut pas trop compter sur des aides, vu les allures de tortues que cela pourrait prendre, à l’instar des dégâts causés par le cyclone Hubert, un mois passé, dont les aides pour les sinistrés de la chaine de solidarité viennent à peine de partir à leurs secours. Des sinistrés si près et si loin en même temps. Un mois, ils ont surement déjà eu le temps de se refaire mais ne feront surement pas la fine bouche devant les dons de leurs compatriotes.

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