Exploitation du bois : les malgaches ont de qui tenir 03 AVRIL2010

Décidément, de par « l’insubordination » de Madagascar vis-à-vis de la communauté internationale, la grande ile passe pour un vilain canard aux yeux du monde. En matière d’environnement, Global Witness affirme qu’il existe encore 15 000 tonnes de bois de rose abattus illégalement et restés bloqués à Madagascar en attente d’exportation. Plutôt étonnant comme assertion vu la médiocrité des structures officielles locales pouvant fournir pareille information, à moins que ce ne soit pitoyable de constater que ce sont des structures « étrangères » qui arrivent à pondre des données chiffrées sur les faits existant dans l’ile. Dans les deux cas, Global Witness s’est permis de recommander à l’administration de procéder à la saisie des stocks restants ! Encore faut-il qu’on sache ou ils sont ! A moins que …et ça commence à faire beaucoup avec les « a moins que » tant l’opacité est des plus tenaces dans cette affaire de bois précieux. Encore heureux que ces bois ne finisse en pate a papier comme cela se passe en Indonésie, un autre pays « indiscipliné » dans la coupe de bois et le respect de l’environnement, où même les bois précieux rejoignent les tout-venants pour finir dans les usines de pate a papier. Ironie du sort, les lointains « ancêtres » indonésiens aussi font le pied de nez aux gardiens de l’environnement et continuent allégrement d’exploiter a tout va les forets primaires de l’Indonésie.

Finalement, la filiation commence à ne souffrir d’aucun doute pour les indonésiens et les malgaches, tant les similitudes deviennent de plus en plus évidentes. Reste peut être à prendre leçon de la stabilité politique de l’Indonésie où, malgré la diversité culturelle et religieux, la devise nationale du pays, Bhinneka Tunggal Ika (« Unité dans la diversité », littéralement « Plusieurs, maintenant un »), reste le ciment qui unit les populations bien que le pays soit en proie à des élans de séparatisme parfois violent qui a secouent la stabilité du pays. Le seul hic, peut-être, est que ce soit sous le régime autoritaire du général Soeharto que ce fut le remarquable développement économique de l’Indonésie mais c’est en 1998, lors de la démission du General que débuta réellement la démocratisation.

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