Commémorations et bisbilles 07AVRIL2010

Et au parti Monima de rappeler, avec l’inauguration samedi dernier de son nouveau siège national d’Anatihazo-Isotry, que les évènements de 1972 bien qu’ayant eut un caractère nationale, est le corollaire du soulèvement populaire du 1er avril 1971 à Toliara. Justement, à titre de commémoration, les responsables du parti ont déclaré avoir bâti cette réalisation telle un monument commémoratif (sic). Les casernes des districts et des cantons avaient été prises d’assaut en ce temps là par les partisans du MONIMA. La répression contre ces mouvements furent menée par les forces armées malgaches assistées par les français. Le Monima avait décompté 3.000 morts dans l’ensemble de l’île, de Tuléar à Fort Dauphin en passant par Sakaraha et Ambovombe. Ce mouvement du Sud malgache avait constitué le point de départ des contestations nationalistes post indépendance de 1972. Raviver une telle plaie dans l’histoire de Madagascar n’est pas sans danger à un moment crucial où les malgaches ne savent plus où se donner de la tête avec les menaces de putsch, les démonstrations de forces des militaires du FIS, les rafles à tout va des policiers, les attaques à mains armées de brigands, les bisbilles entres militaires, même l’absence de conseil des ministres la semaine dernière n’est pas des plus rassurants.

Dans le tourment de l’insécurité ambiante, la population se rebiffe à la moindre escarmouche avec un quelconque représentant de l’ordre, malheur à celui qui commet l’impair d’intimider le moindre quidam. A Anosibe, un malheureux policier en a fait la triste expérience en y laissant la vie. Aux dires des riverains, dimanche, un policier de la brigade criminelle d’Anosy a été tué, frappé d’une balle en pleine tête lors d’un affrontement dans un bar. En tout cas, ce week-end pascal a sorti un triste bilan avec cinq morts et de 139 blessés dont 33 ont été victimes d’agression, encore que avec le fonctionnement des hôpitaux au ralenti, il n’est pas évident que ces chiffres soient exhaustifs à souhait. Toujours cet imbroglio à n’en plus finir entre les paramédicaux et les tenants du pouvoir, qui n’est pas sans rappeler également les mouvements des paramédicaux dans les années 72. L’Histoire serait-elle un éternel recommencement ?

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